La croix du vainqueur

Nous avons tous des faiblesses personnelles. Je ne parle pas de péché, mais de failles particulières, de tentations efficaces contre nous.

Les Ecritures en parlent comme des « occasions de chute ». Avoir une croix suppose d’avoir au moins une telle occasion de chute sur le chemin de Christ.

En effet, c’est Lui que nous suivons en portant notre propre croix. Sinon nous errons dans les ténèbres de l’ancienne création. Alors nous n’avons pas l’espérance de l’Esprit, mais une vision courte de la chair ; pas la foi de Christ, mais des luttes vaines ; pas l’amour de Dieu, mais l’orgueil du bien et du mal.

Les occasions de chute personnelles pourraient être aussi nombreuses qu’il y a de convertis. Bien sûr, plusieurs en ont en commun, mais elles restent très diverses. De fait, peu partagent notre fardeau dans nos localités respectives.

La croix de Jésus

Il n’y a véritablement qu’une chose qui ait tenté le Seigneur Jésus pouvant être qualifiée d’occasion de chute. Cette histoire de « Sa passion » la rendu célèbre pour le salut de ceux qui croient jusqu’à maintenant.

Les souffrances de Christ pour la vocation céleste sont plus importantes et cruciales que les nôtres. De Lui dépendent toutes les autres : la croix du croyant est la communion des Siennes. Il est le chemin et l’exemple vivant.

Lorsqu’il dit : « je suis le chemin, la vérité et la vie », Il commence à nous révéler l’œuvre de l’Esprit. C’est Ce dernier qui conduit à Sa suite. Ce mystère est essentiel à la marche chrétienne. S’imaginer autres choses est l’orgueil et la vanité de l’ancienne création.

En ce qui concerne le Seigneur Jésus à l’époque, Sa croix était symbolisée par une coupe qu’Il devait boire. Cette coupe, nous devons aussi la boire après Lui, selon notre appel. A un moment, Il parle même d’un baptême dont Il doit être baptisé. Et dans le jardin de Gethsémané, l’angoisse de la croix Le saisit avant ce passage. Il savait qu’Il était incarné sur la terre pour cela.

La croix physique qu’Il porte marque le moment où se concrétise, et où va pleinement s’accomplir Son appel. Comme Jésus a appris l’obéissance par de telles souffrances, même devant la mort, ainsi se manifestent les vainqueurs. Car que disent les Ecritures ? « Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort » [Apocalypse 12 :11].

C’est par la foi qu’Il a supporté toutes oppositions et outrages de la part de ceux pour qui Il était paru au milieu des hommes. Qui veut mépriser l’épreuve du plus grand sacrifice pour des pécheurs, artisans de la méchanceté ? Car Celui qui incarne la justice devait mourir pour des injustes dont la nature est à nu devant Lui. Sa croix était la plus lourde, à ne pas douter, mais l’amour de Dieu était Son témoignage.

L’espérance de Jésus dépassait l’entendement, et mêmes Ses proches contemporains n’étaient pas un soutient dans l’épreuve. A l’exemple de Simon qui Lui rétorquait : « A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ». Il était alors une occasion de chute contre l’obéissance de Son appel.

Et nous, qu’aurions-nous fait après avoir entendu l’espoir mensonger d’échapper à de telles souffrances pour des pécheurs ? La question ne se pose pas, car cette croix est infiniment trop lourde pour nous.

Je le dis d’expérience, et je crois connaître le Seigneur : les frères sont des occasions de chute pour ceux qu’ils ne connaissent pas en esprit. Et s’ils ne les connaissent pas ainsi, c’est qu’ils ne connaissent pas la mesure (témoignage) de Christ qui habite en eux.

Endurer était d’autant plus incompréhensible que le Seigneur Jésus se fortifiait et prenait courage seul avant l’heure fatidique. Les disciples qui L’accompagnaient dormaient, mais les sbires de Son adversaire veillait.

Suivre le Seigneur

Cela ne signifie pas porte Sa croix, mais la nôtre. Comment pourrions-nous porter la Sienne ? C’est impossible à cause de la chair, et c’est inutile car Il a tout accompli afin de tracer un chemin.

Déjà, nous avons l’indice d’un mystère, quand je dis : « c’est impossible à cause de la chair ». En effet, le croyant doit composer avec un handicape pour sa propre croix, mais ce n’est pas la chair qui persévère. Peut-être comprendrez-vous plus tard, si Dieu Le veut.

L’homme est dans la chair, et il est donc sujet la faiblesse. Si Jésus a souffert dans cette tente, comment Ses disciples échapperaient-ils ? A moins qu’ils refusent de portent leurs propres croix en suivant l’exemple de la foi jusqu’au bout.

Il y a toutes sortes de faiblesses particulières. Comme tous n’ont pas peur des cafards, mais que d’autres craignent plutôt les serpents, ou d’autres encore les chiens, ainsi en est-il des failles de chacun. Nous ne devons pas nous jugez les uns les autres, mais plutôt, s’il est possible, nous aider à porter les fardeaux les uns celui des autres.

Chez les chrétiens, il peut s’agir de la peur des hommes ou de la mort ; cela peut être la culpabilité, l’échec ou être lié à l’argent, etc. Je ne dis pas que ces choses sont mauvaises, bien qu’elles ne soient pas « bonnes ». Je dis qu’elles ne sont pas dans le Christ ressuscité. Ce sont des choses que nous devons surmonter par la connaissance de Christ, par la foi dans la vérité.

Chaque fidèle souffre d’au moins une tentation qu’il est souvent le seul à reconnaître. Je rappelle qu’il ne s’agit pas de péché, mais de failles humaines d’où sont ébranler la foi. Ce sont des racines de la chair dont nous pensons à tort qu’elles comptent dans le royaume.

Avec les yeux sur le Seigneur, vous sous souviendrez qu’étant sujet aux souffrances de la croix, Il n’a pas commis de péché. Ce n’est pas le propos : Il n’a pas lutte contre « Son péché », mais contre l’incrédulité. Et Il a vaincu, de sorte que nous connaissons aujourd’hui Sa passion.

Ceux qui souffrent particulièrement de la culpabilité ont simplement besoin d’une révélation de Christ dans laquelle ils devront persévérer. A savoir : il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Toute culpabilité est dans la chair incrédule, et ceux qui disent le contraire servent le malin.

De plus, l’amour pardonne tout. Si vous offensez un frère, vous demanderez son pardon, alors déjà, vous serez dégagé devant Dieu. Si vous souffrez tout de même, invoquez le Seigneur en qui nous avons tous la promesse. Vous reconnaitrez que vous êtes justifiés par la foi, sans reproche, ni délai.

Dieu vous a déjà pardonné une fois pour toute en Jésus-Christ, pour tout péché de la loi ancienne. Ne sous estimez pas la valeur du sang de l’agneau de Dieu. Toute accusation vient du diable qui manœuvre contre les consciences dans l’intention nous garder dans l’esclavage du monde.

Le péché est de ce monde, et la culpabilité est une identification à ce monde. Or nous, croyants, n’appartenons pas à ce monde incrédule, mais au royaume de Christ ; Amen.

Quelque soit la tentation qui nous persécute nous devons nous souvenir, c’est cela le témoignage du vainqueur. Mais celui qui manque de foi, fini par s’effondrer sous le poids des ténèbres.

L’apôtre Pierre, désormais devenu un homme de foi, disait : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde » [1 Pierre 5 :8-9]. J’espère qu’un bon nombre l’écoute, et qu’alors autant obtiennent la victoire de la foi sur le monde, malgré la chair ennemie.

Ces souffrances sont notre gloire lors de l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais telles souffrances sont en fait des luttes vaines par la chair, quand d’autres sont le fruit de la persévérance.

L’apôtre Paul a écrit : « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. 

Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. 

Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui-même. 

Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui ; 

car chacun portera son propre fardeau » [Galates 6 :1-5].

« …chacun portera son propre fardeau ». Il dit cela à défaut d’une foi dans la vie d’Eglise, capable d’aider les frères à surmonter l’épreuve de la leur. C’est ainsi que la communion aurait dû nous permettre de nous connaître les uns les autres, localement dans le Corps.

Si vous connaissez ce ministère, alors vous savez ce qui empêche cette gloire de l’Esprit du Seigneur.