Le mystère de Christ

Ce que Dieu veut, c’est la sanctification de ceux qui sont justifiés en Christ. Il s’agit de la deuxième étape qui doit durer toute la vie chrétienne, jusqu’à la fin de la chair.

L’économie de Dieu consiste en ce que l’Eglise, qui est la plénitude de Christ, ait la plénitude de Dieu. L’homme est impuissant dans cette affaire, mais ce qui lui est impossible, est possible à Dieu. Et Il a conçu un plan éternel dans ce but.

Il y a d’innombrable contrariétés à Sa volonté, mais Il les connait toutes. Ce qu’Il a décidé se réalisera en Christ. Car déjà, toute la divinité habite en Lui, afin que ce mystère se réalise en nous qui persévérons dans la foi de Son œuvre.

Le Corps de Christ

Les Eglises de Dieu sont appelées à la coopération de leurs membres, mais lorsque viendra les derniers trois ans et demi, chacun sera en responsabilité individuelle.

Comme disait l’apôtre Paul, Dieu a placé chacun dans l’Eglise afin que les membres les moins honorés soient davantage considérés. Il a prévu cela pour que les assemblées ne se désolidarisent pas, car tous doivent participer à l’édification.

Il est évident que certains sont plus éminent de par leurs capacités et leurs dons. L’apôtre a tout de même parlé de sorte que les « forts » n’abandonnent pas les « faibles ». Aucune Eglise ne peut poursuivre la vocation céleste avec un petit groupe.

Nous devons comprendre ce qu’est le Corps de Christ qui doit être édifié. Un œil ne peut se suffire, ni une oreille, de même que les autres organes de la tête. Ceux-là sont certes, dans une communion privilégiée qui sert à approvisionner le Corps entier, mais sans la majeure partie des membres, il n’y a pas d’expression.

C’est cela le Corps de Christ : l’expression de Christ dans le monde, par un témoignage conforme au Seigneur, la Tête de l’Eglise.

Ce Corps de Christ s’édifie dans l’amour et s’exprime dans cette nature, localement. C’est le lien qui réalise cette solidarité des membres jusqu’à la plénitude du Fils de Dieu.

Le mystère est relativement simple : l’Eglise locale, c’est l’ensemble des croyants dans une même localité (une ville). Le Corps de Christ est par contre, l’expression spirituelle en collectivité locale. Et donc, une Eglise qui est locale devant Dieu, quoi qu’en disent quiconque, peut être apostat (morte), c’est-à-dire sans le témoignage de Christ.

Dans chaque Eglise locale, le Seigneur a appelé des administrateurs et des ministres. Les premiers, qui sont les anciens et les diacres, ont autorité sur les ressources humaines et matérielles. Les ministres ont des missions différentes : ils s’occupent des affaires spirituelles de l’Eglise, dans leurs limites.

J’ai souvent enseigné à ce sujet. Les anciens sont plusieurs dans l’Eglise, et ont pour fonction de surveiller. C’est ce que signifie le terme « évêque ». Exclusivement masculins, ils sont les uniques dirigeants scripturaires dans une localité. Il correspond à ce que l’apôtre Paul désigne comme le don de « diriger ».

Normalement, ils doivent veiller à ce qu’il n’y ait pas de corruption humaine ou spirituelle, décider des œuvres collectives, juger les affaires de l’Eglise et accueillir les nouveaux membres. Ils doivent aussi être capables d’enseigner et de défendre le fondement des apôtres. La liste n’est pas exhaustive, mais vous pouvez sans doute comprendre leurs prérogatives.

Les diacres sont quelques frères et sœurs qui ont la confiance collective. C’est ce que Paul appelle cette fois : « celui qui est appelé au service (diaconat) ». Ils s’occupent des éventuelles affaires matérielles de l’Eglise, telles que les collectes, les achats et les mises en place. Ils peuvent bien sûr s’aider des autres membres qui y consentent.

Ils existent en tout et pour tout, quatre ministères dans l’Eglise : l’apôtre, le prophète, l’évangéliste, et enfin, le pasteur et enseignant.

L’apôtre et l’évangéliste sont tous deux des missionnaires du Saint-Esprit. Mais le premier aura sans doute une œuvre plus large. D’abord, il est exclusivement extra-local, ce qui signifie qu’il n’est apôtre qu’en dehors de sa propre localité.

Représentant le lien universel du Corps, il peut manifester les qualités de tous les ministères. Il a pour prérogatives, l’évangélisation, l’établissement des Eglises locales, et aussi de leurs anciens, après avoir enseigné la sagesse de Dieu pendant quelques temps.

Dans sa propre localité, ce serviteur particulier possède encore ses dons, et travaillera comme les autres à perfectionner les saints, et édifier le Corps. Il peut être l’apôtre (ambassadeur) de Sa propre localité pour faire le lien avec d’autres Eglises locales. C’est comme cela que des aides étaient apportées jadis, selon les Actes des Apôtres.

L’évangéliste, à l’instar de l’apôtre, évangélise, et baptise les convertis dès que ces derniers le demandent. Il peut être conduit hors de sa localité, mais n’a aucune autorité pour représenter le Corps. Il ne peut pas établir d’Eglises locales, ni nommer d’anciens. Son principal champ d’activité est sa propre localité, pour approvisionner le Corps de nouveaux membres.

Le prophète comme les autres ministères peut être extra-local, si l’Esprit du Seigneur le conduit ainsi. Bien sûr, il fait des prédictions, et possède aussi le don de prophétie qui sert à livrer des messages d’encouragement, de réprimande ou de vocation.

Le pasteur et enseignant enseigne non seulement le fondement des apôtres, mais dispense les richesses de Christ. Il y a en a bien sûr plusieurs dans une même localité, qui donne un soin personnel et enseigne aussi collectivement. Le pasteur n’est pas un chef, mais un serviteur de l’amour, qui n’est pas plus grand qu’un autre. Il est vrai qu’il est essentiel au perfectionnement, c’est pourquoi il doit être présent dans chaque réunion pour la parole.

Au-delà des charges et des ministères, tous les saints ont des dons et des vocations dans leur Eglise respective. Leur opération n’est pas négligeable, c’est pourquoi les ministres doivent les équiper, afin qu’ils se meuvent en témoignage de Christ.

Les membres, autres que les charges et les ministères, qui constituent la très grande partie du Corps sont plus nombreux. Nous regardons systématiquement la Tête, à laquelle sont attachés les services d’approvisionnement spirituel, mais l’expression est celle du Corps entier.

Cette expression locale est le gage du perfectionnement des saints, et de l’amour qui l’anime. Mais ce n’est pas ce que nous voyons aujourd’hui. Si quelqu’un a cette prétention, c’est qu’il est sans discernement spirituel, et se satisfait des œuvres mortes. Le témoignage de beaucoup d’Eglises n’est pas seulement médiocre : il est souillé et empeste la mort.

Je considère qu’Elles ont échoué, mais c’est le Seigneur qui peut juger. Toutefois, je crois avoir le don de Christ pour discerner Sa bonne odeur, selon le témoignage du Saint-Esprit. Comment comparer Christ et Bélial ? Mais je crains la masse n’y voit au plus qu’une subtilité, des détails négligeables.

Alors que les Eglises sont censées être des usines du perfectionnement des saints, elles ressemblent davantage à des fosses communes. Un reste cherche à insuffler la vie du Seigneur dans Ses membres, mais le Corps ne répond pas à Son maître.

Que pouvons-nous faire alors que la masse reste assise dans les ténèbres de la mort ?

Le témoignage de Christ

Nous distinguons entre la foi commune des individus qui les qualifie pour être ensemble une même Eglise dans une localité, et le témoignage qui correspond à leur conformité à l’Evangile.

D’abord, tous ceux qui ont cru au Seigneur sont en Lui. Mais Dieu a décidé qu’ils seraient l’expression du Fils dans chaque localité des saints. Le Corps de Christ est cette expression du Fils de Dieu au travers de Ses membres, dans chaque Eglises locales. Être l’Eglise est objectif, alors que le Corps est subjectif.

Ce que je dis, c’est que tous les saints d’une localité sont une même Eglise devant Dieu. Les réunions extra-locales, qui ont lieu en dehors de ce cadre, n’y change rien. Et si les saints n’ont pas de communion locale, il ne peut y avoir de Corps. En effet, le Corps de Christ est l’expression de l’unité des membres approvisionnés sous la Tête, localement.

Cela doit être claire pour tout le peuple de Dieu : quiconque se réunit hors de sa propre localité ne produit pas de fruit imputable, la justice au-delà du simple salut. Nous sommes établis en Eglise locale, afin de produire du fruit au milieu des frères. C’est la volonté de Dieu, Son ordre, Sa sagesse. Mais si nous rebelles, nos œuvres sont mortes, ne servant pas la volonté de Dieu par la vie du Fils.

Tous ce que Dieu a ordonné est pour Son économie qui est la piété des saints soumis à Christ. Ceux qui agissent sans la sagesse de Dieu, et donc sans l’onction de vie dans la soumission, sont souillés aux yeux du Seigneur. Nous sommes éprouvés aujourd’hui, et plus tard, nous seront jugés pour déterminer la dignité du royaume de justice.

En cherchant un chemin extra-local de la pensée humaine, on ne peut jamais parvenir à la conformité du pur Evangile. Car quelle justice de Dieu peut être différente de l’ordre divin ? ne soyons pas insensés.

La fonction de chacun appartient au Seigneur dans Son Corps, afin que nous manifestions ensemble la plénitude de Dieu. Et quel est ce témoignage ? Nous en avons la démonstration dans les Evangiles, du livre de Matthieu à celui de Jean. Non Seulement ; l’Ecriture entière parle de Lui. Mais là encore, il faut savoir distinguer entre les choses anciennes, déjà accompli, et les choses nouvelles.

Je ne me lasse pas de dire les mêmes choses : Christ a accompli la loi, désormais ancienne, afin que nous vivions en nouveauté de vie. C’est par la prédication de la foi que nous sommes sauvés, sans les œuvres de la loi. Comment retournons-nous en arrière pour un témoignage souillé par incrédulité ? Car je confesse qu’Il est suffisant pour toutes les promesses de Dieu ; Amen.

Ce sont des choses fondamentales, sans lesquelles nous n’avancerons pas au-delà du simple salut.

Le mystère de Christ, c’est un Corps pour l’économie de Dieu. Or, seule l’Eglise conforme à Son appel peut être ce chef-d’œuvre. Alors Dieu entrera dans Son règne : d’abord avec ceux qui on servit à cette gloire, puis finalement avec le reste qui a l’alliance éternelle.

Il y a deux mille ans, Dieu a formé un corps à Son Fils, lequel est le mystère de la piété. En Lui demeurait Dieu, et le Corps collectif formé de la nouvelle création est le même mystère, pour un royaume de Dieu sur toute la terre. Car Si Dieu est Esprit omniprésent dans le ciel, Il veut une présence corporelle dans l’extension terrestre.

Les ministères de l’Eglise sont comme les organes des sens tels que les yeux pour la vue, et les oreilles pour l’ouïe. Ils sont en communion étroite avec la Tête, pour l’approvisionnement du Corps. Tous ont la foi en commun pour exister et se mouvoir dans le royaume : voyons-y l’analogie du « toucher » commun.

Grâce aux informations de l’environnement céleste, c’est-à-dire les richesses de Christ, les membres en communion sont approvisionnés par les ministères. Alors l’Eglise peut marcher de manière organique et cohérente dans une diversité de la sagesse de Dieu.

Le fait est qu’il n’y a pas que les ministères qui sont nécessaires au bon fonctionnement du Corps du Seigneur. Car que ferait une tête sans un Corps ? Et bien sûr, un corps sans tête est mort. Ainsi en est-il du don de la Tête : Il a donné des ministres au Corps de chaque Eglise locale. Et c’est l’Esprit qui donne des dons divers pour leur fonctionnement selon Son appel.

Les ministères sont appelés à équiper les saints. En vérité, ceux qui agissent sans l’approvisionnement de Christ pratiquent des œuvres mortes, hors de Son commandement. Que celui qui peut comprendre, craigne de marcher selon la chair, sans l’onction de vie.

Je ne prétends pas qu’un soi-disant économe peut déterminer le service de quiconque, ou l’employer selon son bon vouloir. Par contre, tous les saints en communion du Seigneur dans l’Eglise locale, seront manifestés dans leurs fonctions spirituelles. Tout est ordonné dans ce but : faut-il encore que nous soyons en position d’être approvisionnés.

Maintenant, voici un mot qui résume le témoignage du Seigneur, celui qu’Il a depuis deux mille ans : donner.

Hallelujah ! Merveilleux Seigneur !

Quelques soient nos œuvres, elles ne peuvent que correspondre à cette action : donner. Cela peut être des biens matériels, mais cette gloire est bien plus large. Et personne ne peut rien donner, s’il ne possède. Et tout le bien que nous faisons sous inspiration de la vie du Fils, c’est donner.

C’est pourquoi je dis que les ministères doivent équiper les saints : équiper, égal donner. De même : enseigner c’est donner ; prophétiser c’est donner ; prêcher c’est donner ; donner aux pauvres c’est… Enfin, vous comprenez.

De même, lorsque le Seigneur nous dit : « aimez vos ennemis », cela correspond à « si ton ennemi à faim, donne-lui à manger ». C’est témoignage auquel nous devons parvenir, lequel nous vaudra d’être nous même accueilli dans une position ferme.

« Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.

Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ;

j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.  

Les justes lui répondront : Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ?

Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli ; ou nu, et t’avons-nous vêtu ?

Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi ?

Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. » [Matthieu 25 :34-40].

Nous devons comprendre que tous ce que nous donnons constitue un service, et un témoignage de justice. Mais tel service est égoïste lorsqu’il sert la chair : tout ce qui ne vient pas de Christ.

Si un frère possède le don de guérir, et qu’il sert le Seigneur, ce sera sans orgueil, mais avec amour. Un tel serviteur ne se glorifie pas, et ne cherche pas l’honneur pour lui-même : l’obéissance de l’amour lui suffit. C’est ainsi que se fait reconnaitre le bon serviteur ; c’est comme cela que nous reconnaissons que nous Le servons en vérité.

Mais celui qui est rémunéré et enflé par l’orgueil des hommes a déjà reçu sa récompense. Raison aussi pour laquelle le Seigneur Jésus nous dit de faire du bien à ceux qui ne peut pas nous le rendre, alors c’est Lui qui nous le rendra.

Les dîmes sont un exemple d’un service pervers de la chair. Vous remarquerez, si vous cherchez la justice de Dieu, qu’il n’y a aucune référence aux dîmes depuis la nouvelle alliance. Ces choses anciennes étaient établies sous la loi, afin de représenter le service de Christ par Son Corps. Et c’est effectivement aux membres, eux-mêmes, de donner : nous n’avons pas besoin que d’autres agissent à notre place.

Il n’est plus question de prêtres qui collectent les dîmes pour les bonnes œuvres. Nous sommes tous des serviteurs, avec tous du bien à faire aux frères. Car c’est strictement à cela qu’elles devaient servir. Une part de cette collecte servait à nourrir ceux qui étaient consacrés. Aujourd’hui, ce sont ceux qui se consacrent à l’œuvre quand les autres travaillent à leur propre subsistance dans le monde. Nous devons honorer de tels hommes, de nos propres initiatives.

Mais la cupidité, la séduction de la chair, la tromperie de la part de ceux qui voulaient financer l’injustice, ont cultivé des générations dans les œuvres mortes.

De fait, tant de croyants se sont fait voler la capacité de leur libéralité, de leur bonté, de leur service de l’amour de Christ. En entendant cela, combien réaliseront qu’ils ne sont pas à l’abri de l’erreur. Et je vous déclare qu’il reste beaucoup d’obstacles contre l’Esprit de vérité, la justice de Dieu et la bonté du Seigneur.

Il est vrai que les Eglises peuvent, si elles les souhaitent, collecter pour le soutient des œuvres, telles que les missions. Mais il s’agit là d’offrandes absolument volontaires : tout autre chose est du vol et de l’abus.