Les défis des Eglises locales (2/2)

Apocalypse 3

7 Ecris à l’ange de l’Eglise de Philadelphie : Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira :

8 Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.

9 Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t’ai aimé [ou : je ferai qu’ils soient soumis à tes pieds, et sachent que je t’ai aimé].

10 Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre.

11 [Voici] Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne.

12 Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau.

13 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises !

[V7] A Ses serviteurs de l’Eglise à Philadelphie, le Seigneur se présente comme le « Véritable » maître de la maison de Dieu. Non seulement Il est le Chef de l’Eglise, mais Il est également l’autorité sur la maison de David, le peuple Juif. Il n’y a pas un autre qui, légitiment, prendrait part pour les adversaires des saints : « le Saint » seul peut ouvrir ou fermer.

Cette porte est celle de l’entrée du royaume que les Juifs incrédules ne peuvent franchir, comme au désert. Alors que les serviteurs de l’Eglise, ici, ont cru contre leur opposition à la foi de Christ.

[V8] Le Seigneur dit aux responsables de l’Eglise qu’Il sait tout de leur témoignage.

« Voici » est un terme écrit à l’aoriste (temps) qui indique que c’est un constat que Christ fait disant « tu as peu de puissance, …tu as gardé ma parole, et tu n’as pas renié mon nom ». Et le temps employé ensuite quand Il dit « j’ai mis une porte… », indique une action qui vient d’être accomplie.

Le Seigneur a constaté les difficultés des conducteurs chrétiens qui étaient peu influent dans une ville où les Juifs, eux, étaient « puissants ». Ils sont restés fidèles, contre les opposants de leur foi en Jésus-Christ. En conséquence, Le Seigneur leur annonce qu’ils ont désormais « une porte ouverte, que personne ne peut fermer ».

[V9] A l’époque de la rédaction de la lettre, Philadelphie a une grande communauté juive, et en comparaison, les croyants sont peu.

Comme au verset précédent, « voici » est à l’aoriste. Ici, cela montre que le Seigneur a acté la destinée des deux camps de la maison de Dieu. Le terme se trouve deux fois dans le verset : le deuxième montre que les évènements qui suivent sont dû aux premiers. Christ « donne », puis Il réalise cette réalité en évènements : Il fait qu’ils soient soumis et sachent que…

Le seigneur accomplit cela dans l’âge présent, quelques temps après que lettre arrive à Philadelphie. Mais les localités semblables en font également l’expérience jusqu’à nos jours.

Le Seigneur a déjà décidé que les Juifs apostats tomberont aux pieds des croyants de la localité. Il déclare qu’ils « se disent Juifs et ne le sont pas », à cause du véritable sans de ce qualificatif. Pour Dieu c’est le croyant qui est la réalité du Juif : elle ne vient pas de la chair ou du sang, mais de l’esprit.

« Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. 

Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu » [Romains 2 :28-29].

Le Seigneur dit que ces Juifs de Philadelphie sont « de la synagogue de Satan », ce qui veut dire qu’ils sont comme lui : des adversaires de la foi de Christ.

En disant d’eux qu’ils « mentent », « le véritable » les renie comme de véritables traitres. Son amour est tout entier aux croyants qui ont gardé Son Nom, et les imposteurs seront contraints de l’admettre à leurs pieds. Comme Dieu a aimé Jacob, et haït Esaü, ainsi en est-il des bien-aimés de Christ dans la maison de Dieu.

[V10] Le temps du discours change ici, puisque le Seigneur parle à Ses serviteurs des conséquences futurs de leur persévérance. Ils ont veillé sur le témoignage de Christ face aux persécutions, alors Il leur garanti qu’Il veillera aussi sur eux quand la persécution sera absolue.

Il est fort probable que la majorité des saints de Philadelphie ait été des Juifs convertis à la foi de Christ. Alors l’opposition devait être particulièrement virulent à leur égard.

Le Seigneur parle ainsi parce que la calamité qui vient sur toute la terre habitée sera une croisade contre la maison de Dieu. Il s’agit de la communément appelée « grande tribulation » qui durera trois ans et demi, les derniers de l’âge présent. Ce temps sera d’autant plus terrible que l’homme du péché s’établira en terre sainte, où ce genre d’Eglise est répandue.

Mais Lui, sera leur défenseur et ne permettra pas que Ses bien-aimés paient un prix excessif. Ils ont déjà souffert une persécution permanente au milieu des adversaires, et ont été mûri dans la tribulation pour leur foi.

[V11] Le Seigneur dit qu’Il ne tardera pas, et que Ses témoins fidèles sont appelés à garder Son témoignage. Ce qu’ils retiennent est aussi la couronne qui leur vaut d’être en lice pour entrer dans le royaume, dans l’âge à venir. Les manœuvres de Satan, au travers des Juifs méchants, consistent à voler l’héritage des croyants.

Comme a dit le Seigneur : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer » [Matthieu 23 :13].

Il dit même : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous » [Matthieu 23 :15]. Les saints confrontés aux judaïsants doivent davantage veiller, sinon ils perdront tout en reniant leur Seigneur.

[V12] Cette promesse contraste avec les traitres faussement Juifs que le Seigneur renie. Il déclare en effet que ceux qui ont persévéré dans Son témoignage seront indélogeables de la maison éternelle de Dieu. Au contraire, ils seront des piliers, membres essentiels et honorés parmi les saints.

Ce verset prouve que la lettre s’adresse à Ses serviteurs qui étaient juifs à l’origine. Les croyants n’ont pas de temple matériel qui vienne de Dieu dans le monde, ni de lien avec la Jérusalem de la terre qui sera foulée. Mais le Seigneur leur parle, afin qu’ils sachent qu’une cité leur est donné en partage. Ce temple et cette ville ne sont ni pour ce temps, non plus pour l’âge à venir, seulement pour le royaume éternel après cela.

Bien sûr, la nouvelle Jérusalem est pour tous les saints dans l’éternité. Mais le Seigneur choisit de s’adresser à ceux qui apprécieront Son discours de manière particulière. Ils ont été traités comme des étrangers aux promesses, alors Il les confirme dans les meilleures. Avec cela, Il affirme que « le nom de…Dieu » et Son « nom nouveau » seront écrits sur eux : ils seront indissociables de la gloire éternelle du Dieu trinitaire.

[V13] Bien sûr, ce type local de l’Eglise existe encore dans le monde. Il est répandu en « terre sainte », comme nous le disions en description du verset 10. Peut-être la persécution est-elle moins forte aujourd’hui ; le Seigneur sait ce qu’il en est. Mais Philadelphie est déjà le type d’un atténuement de Smyrne, où beaucoup de croyants devenaient des martyrs.

Et maintenant, comme dans toutes les lettres aux anges des sept Eglises, chaque concerné doit se repentir, veiller et vaincre. Ce n’est pas un discours pour eux seuls, mais pour nous aussi qui sommes susceptibles d’assister à la fin.

Apocalypse 3

14 Ecris à l’ange de l’Eglise de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu :

15 Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant !

16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche.

17 Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu,

18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.

19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi.

20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.

21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône.

22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises !

[V14] Ici, le Seigneur se présente comme Celui en qui tout est accompli, qui a rempli le ministère crucial et est devenu le premier né de la nouvelle création.

[V15] Le Seigneur sait tout : Il connait parfaitement la situation des responsables de cette localité de l’Eglise.

Ici, Il ne leur ordonne pas d’être ou de devenir chaud ou bouillant. Si c’était Son intention, Il les aurait simplement ordonné d’être bouillants, car c’est le meilleur témoignage. Non ; le Seigneur fait un grave constat, et il aurait mieux valu être froid ou bouillant que d’être tiède.

Avec un tel modèle de fidélité, tous les saints devraient avoir un témoignage digne. Mais ceux-là sont à peine sauvés ; ils sont indignes de la présence du Seigneur dans sa maison.

[V16] On peut vivifier celui qui est froid, et encourager celui qui est bouillant, mais le tiède est déjà réprouvé. Les conducteurs tièdes sont régénérés par le même Esprit que tous les saints, pourtant, ils ne portent pas de fruit.

L’appel que le Seigneur a sur eux est resté sans effet. Alors, selon Ses propres dire, Il va les vomir de Sa bouche. Et les temps employés suggèrent que le fait d’être tiède est déjà une vomissure qu’Il va vomir. Ils sont comme le figuier qui occupe inutilement la terre (Luc 13 :6-9). L’arbre est jugé inutile, mais il demeure encore planté dans cet état. Tels sont ces conducteurs sans le témoignage de Christ.

[V17] Ces serviteurs que le Seigneur a appelés ont considéré qu’ils n’avaient rien de plus à faire. Ils s’imaginent être riches ; en fait, ils sont la représentation de celui qui n’avait reçu qu’un talent dans la parabole (Matthieu 25 :24-30).

On leur a donné une responsabilité, bien qu’ils n’aient que peu de capacité, et ils ont préféré s’occuper de leurs propres affaires dans le monde. Ce faisant, ils ont gâché le dépôt que leur maître leur avait confié pour le faire fructifier. Ce genre d’individus pensent : « pourquoi devrais-je travailler pour un autre que moi-même ? » Ils négligent la promesse d’une récompense inestimable, et la perte de ce qu’ils pensent posséder.

[V18] Les richesses injustes n’ont pas de substance, elles sont vanités pour le royaume des cieux. Elles ne peuvent pas payer le droit d’aînesse de Christ. Cette couronne ne s’acquière pas par des œuvres mortes, encore moins sans la foi de Christ. Les serviteurs inutiles pensent posséder tout le nécessaire, mais ils sont vides dans le monde. C’est sans la grâce qui les rend agréables à Dieu, sans la consolation de l’Esprit du Seigneur, et sans discernement spirituel, qu’ils errent au sein d’une localité éteinte.

[V19] A Laodicée, les conducteurs de l’Eglise ont préféré Mammon à l’œuvre de Dieu. Il dit qu’Il reprend et châtie ceux qu’Il aime. Et le châtiment est le fait de le vomir de Sa bouche. Cela signifie que les conducteurs n’auront plus l’administration dans le Seigneur, car ils ont failli jusque-là. Ils ont vécu dans le monde pour eux-mêmes, plutôt que renoncer à leur vie dans le monde pour servir Christ.

S’il ne se repentent pas ils seront comme le figuier à qui le délai supplémentaire n’a pas profité (Luc 12 :6-9).

[V20] Par « voici », le Seigneur annonce qu’Il est prêt pour l’heure de Son retour, bien que le Père seul la connaisse d’avance. Cette parole correspond à un discours des Evangiles.

« 33Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites-vous des bourses qui ne s’usent point, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n’approche point, et où la teigne ne détruit point.

34 Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.

35 Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées.

36 Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera.

37 Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s’approchera pour les servir.

38 Qu’il arrive à la deuxième ou à la troisième veille, heureux ces serviteurs, s’il les trouve veillant !

39 Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.

40 Vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas » [Luc 12 :33-40].

Nous voyons dans ce passage à propos que le Seigneur recommande à ce type de serviteurs vaniteux et inutiles de renoncer à leurs richesses matérielles. Ils devront ainsi acheter un trésor dans les cieux. Cela rappelle également l’histoire de l’économe infidèle (Luc 16 :1-13). Ce dernier cherchait à se faire des amis avec les richesses injustes et éphémères, après que son maître lui a enlevé l’administration de ses biens.

Mais c’est la conclusion qui nous intéresse : le Seigneur conseil aux amoureux des richesses injustes de les donner en bonnes œuvres pour gagner Christ.

Le Seigneur dit « voici, je me tiens à la porte, je frappe ». Il met Son interlocuteur en alerte, car Il a prévenu qu’Il voudrait mieux qu’Il le trouve veillant. Alors Il le récompensera par un festin, après lui avoir mis une tenue de circonstance. Ce souper a lieu au retour de Christ, avec Ses serviteurs fidèles au poste.

[V21] Le Seigneur révèle aux serviteurs paresseux un aspect du royaume dans l’âge à venir qui devrait les motiver. Sur le trône de Christ, ils auront un repos juste, à cause du témoignage rendu dans l’âge présent.

[V22] A ne pas douter, ce type d’Eglise existera jusqu’à la fin. Des telles localités parsemées de serviteurs inutiles et vivant pour leur ventre sont à l’image de ce siècle. C’est peut-être le plus grand danger de nos jours. Et aux jours de « la grande tribulation », pareils individus ou assemblées auront du mal à vivre par la foi.

S’ils n’apprennent pas à compter sur la grâce, plutôt que sur la rançon de cette vie, ils essuieront les plaies réservées aux impies. Pire encore, car c’est possible, ils seront privés de la jouissance du royaume dans l’âge à venir. C’est la peine de ceux qui préfèrent la jouissance temporaire des richesses injustes.