L’indignité de l’homme naturel

Mais grâce soit rendue à Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ !

Une révélation fondamentale qui se confirme par l’Evangile consiste dans la disqualification de l’ancienne création. Nous avons appris que Jésus-Christ a tout accompli, parce que nous en étions incapables. Qui d’autre aurait pu faire l’expiation par sa nature juste, et revenir d’entre les morts ?

Nous avons entendu que l’Esprit seul conduit dans la vérité, afin que nous soyons renouvelés dans l’esprit de notre intelligence.

Faisons la part entre le nouvel homme et l’ancien. Il n’en est pas d’Adam, le premier, comme de Jésus-Christ, le deuxième. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Or, l’homme naturel est celui qui n’est pas régénéré, et qui vit dans le monde sans la connaissance de la vérité.

Alors que la chair gît sous le malin, car c’est ce que sont les hommes qui n’appartiennent pas à Christ, la foi en ce dernier est la victoire des saints. Le corps de l’homme est chair, destiné à disparaître, mais l’esprit est régénéré pour son salut. Cette nouvelle création en Lui paraitra dans la gloire de la vie, mais les âmes incrédules périront à cause de la chair.

La mort est le salaire normal pour la désobéissance de la création en Adam. En effet, Dieu a créé une âme pour la vie éternelle, mais l’homme naturel va à la mort éternelle. Quant à l’homme de l’esprit, il se préserve par la foi, en Christ dans lequel la vie éternelle demeure. Nous sommes destinés à la résurrection, car cette puissance de Dieu demeure aussi en Lui.

Christ est le précurseur de toute grâce qu’Il a conquis comme un trésor, lequel nous héritons par la foi seule. Il est ressuscité d’entre les morts, par la sagesse et la puissance de Dieu, afin que nous participions à la gloire acquise en récompense de Son obéissance.

La loi ancienne

N’avez-vous pas entendu ? Car l’Esprit instille la vérité depuis la fin de la loi sur le visage de Moïse. Dès avant cela, le mystère est parmi les hommes. Il fallait seulement que le temps de la révélation arrive. Et c’est par la foi que quiconque est justifié.

Il était prévu que la loi laisse place à une nouvelle règne de doctrine. La première était pour les hommes animiques, comme un surveillant dans les consciences. L’arbre de la connaissance du bien et du mal représente le principe selon lequel l’âme humaine appréhende la justice.

La loi est simplement une norme élevée de ce même principe. Mais l’homme naturel (ou animique) est incapable de plaire à Dieu. De tout temps, c’est par la foi qu’Il justifie. Toutefois, Il disait au sujet de la loi : « l’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. »

Nous devons comprendre le mystère de cette parole. Cela signifie que nous préservons la chair par l’obéissance de la loi. Désormais, nous cherchons un meilleur salut, un salut de l’esprit ou l’âme trouve un repos. Alors que nous étions en lutte constante pour plaire à Dieu, sans effet véritable, aujourd’hui nous nous appuyons sur Christ.

Il est impossible de plaire à Dieu sans la foi, depuis toujours, et ce qu’Il attend maintenant, c’est que nous croyions en Jésus-Christ. Lui seul possède les œuvres qui plaisent au Père.

Alors, je ne doute pas que certains n’entendent pas l’Esprit de la parole. C’est pourquoi l’Evangile est prêché par ceux qui ont cru, et enseigné par d’autres qui ont le témoignage de la foi. En tout cas, ce devrait être le cas.

Pensez-vous que vous êtes « sans péché » devant la loi ? Elle dit que quiconque se mesure selon elle doit la pratiquer entièrement. Et celui-là n’a pas droit à l’erreur. Ou alors, qu’il cherche le sang du bétail, pour faire l’expiation selon la loi ancienne. Celle-ci sera sans effet, car Christ a déjà fait un sacrifice parfait et éternel.

Il n’est pas le Seigneur de l’ancienne création. Or, ceux qui croient en Lui, à la nouvelle alliance, sont appelés à croire entièrement. Ils sont la nouvelle création en Lui, selon la loi nouvelle.

En empruntant cette voie de la foi, nous passons de la mort à la vie, et Dieu est fidèle par la garantie de Jésus-Christ. Auparavant, nous étions faibles à cause du règne de la mort, parce que la loi témoignait contre nous. Mais cette fois, nous sommes vivants dans l’esprit à cause de la victoire acquise à la croix.

En effet, nous sommes morts au regard de la loi ancienne : qui nous jugera alors ? Car Dieu nous a dégagé de la malédiction, et nous a associé à Sa propre gloire.

Nous qui avons cru sommes destinés à la vie éternelle, et nous ressusciterons pour l’héritage quand le corps de la chair passera.

Une capacité intrinsèque à pratiquer la loi dans une certaine mesure ne justifie personne. Au contraire, nous courons le risque de l’orgueil qui nous éloigne de la grâce de Dieu. Jésus seul pouvait satisfaire la loi, et Il la fait, même par Sa crucifixion. Car Il a été condamné pour le péché des hommes, selon la loi, et a été justifié pour Son obéissance parfaite.

Croyez-vous que Dieu nous appelle à faire de même par la chair ? Ne soyez pas présomptueux. Nous ne vivons pas par la loi, mais par la foi dans le Juste. En dehors de Christ, il n’y a aucun juste. C’est pourquoi il est écrit : « mon juste vivra par la foi, mais s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en Lui. »

Montrons-nous donc digne de Son appel, sachant que la chair ne témoigne pas de la foi. Elle lutte pour un mérite illusoire en perdant les âmes incrédules.

Une fierté des applications de la lettre ancienne et des ordonnances morales sont une large porte de la perdition. Les orgueilleux proclament une vertu charnelle de la connaissance du bien et du mal. Misérables consciences flétris…

La vérité libère ceux qui entendent et croient à la nouvelle règle de doctrine.

Condition charnelle ou spirituelle

En vérité, tout homme a la nature pécheresse dans la chair dont il ne peut se défausser. Et Dieu condamné la chair. La question qui subsiste est : quel est le sort de l’homme lui-même. Ce sera selon qu’il croit ou non, qu’il soit régénéré ou non. Et là, nous parlons du salut « initiale » de la foi commune. Je l’ai souvent dit : il existe un salut complet qui nous vaut le droit d’aînesse avec Christ dans l’âge à venir.

Le malin manœuvre dans les consciences avec les anciens rudiments, par les forces spirituelles de ce monde. Il parvient à couvrir la révélation de ténèbres, afin que les saints ne croient pas absolument. Les hommes en sont totalement possédés, et beaucoup sont séduits au point de s’appuyer sur un salut factice.

Ces nombreux rudiments constituent les profondeurs de la perdition, car ceux qui sont trompés chérissent leurs avantages illusoires et éphémères. Il s’agit de principes de gestion morale, pernicieux à cause de la chair orgueilleuse qui les emploie et s’endurcis.

Nous vivons dans la chair, sujet à la vanité et aux passions. Que dirons-nous donc ? Que nous sommes perdus ? Grâce soit rendue à Dieu à cause de notre Seigneur Jésus-Christ. Car les humbles ressentent leur misère, et ne combattent pas selon la chair pour se séduire eux-mêmes. Ils connaissent leur faiblesse, mais connaissent le royaume de grâce avec la paix et la joie.

Ils découvrent la puissance de l’Evangile pour leur salut complet qui ne dépend pas de leur propre force, et qui ne flattent pas la chair. En effet, ce qui plait à la chair vient du monde : les convoitises et l’orgueil sont les passions de la chair. Eux, ont renoncé à l’approbation de la chair pour plaire à Dieu par la foi.

Dieu nous accueille dans la dignité de Christ. En Lui, nous avons Sa bonne odeur que le Père reçoit avec amour et fidélité. Sinon, croyez-vous que nous nous approcherions de Son trône si facilement ?

Combien même Christ a tout accompli, et a détruit l’acte ancien qui nous condamnait, qui prétend que la suite de sa propre conduite est digne selon la chair ? Nous ne devons pas pratiquer les œuvres mortes, vaines et pernicieuses, après la première repentance qui produit le salut initial.

Mais voici : non seulement sommes-nous dégagés de la condamnation, mais aussi des rudiments de ce monde de ténèbres, en plus des ordonnances anciennes. Le péché n’est plus imputé à l’âme du croyant, car ce dernier est dissocié de la chair dans laquelle il sévit. Pour nous, nous sommes à l’abri dans l’Esprit de justice au Nom de Jésus-Christ.

L’Evangile éclaire un chemin nouveau pour les humbles. J’insiste, car les orgueilleux sont esclaves des forces spirituelles du monde, quand la grâce de la liberté abonde dans le royaume. Les luttes morales sont inutiles au salut initial, et empêchent les saints de parvenir au salut complet. Ils se révèlent simplement réprouvés devant le Seigneur, et immatures aux yeux de l’homme spirituel.

Bien sûr, nous parlons ici des mœurs mondaines. Ce que je dis, c’est que la croix nous mène dans l’amoralité vis-à-vis des choses anciennes. Et en contrepartie, l’amour fraternel motive toute conduite dans le royaume de Dieu en Christ.

La liberté de la foi passe outre la morale humaine, mais l’amour nous contraint pour la justice de Dieu. Or, il est impossible d’échapper aux forces spirituelles en ambitionnant dans le monde. C’est pourquoi le croyant ne doit pas se conformer à ce siècle. Sinon, il vit dans l’esclave, alors qu’il est appelé à la liberté du royaume.

Ayant la dignité de Christ, nous sommes donc cohéritiers par la justice de la foi. Sans cela, pareil don de la gloire serait absolument injuste, car c’est dans le même Esprit-Saint que nous héritons avec Lui. Le Seigneur est devenu toute sagesse pour nous, de la part de Dieu.

D’abord, Il est justice (ou justification) : il n’y a donc plus de condamnation. Le péché n’est plus compté, car nous ne sommes plus sous la loi, seule mesure jusqu’alors. Toutefois, s’il y a un péché, c’est l’incrédulité à cause de laquelle nous manquons le commandement nouveau.

Ensuite, Il est sanctification : nous sommes ainsi amenés vers la pleine connaissance du Seigneur. Le renouvellement de l’intelligence permis par la croix de Christ nous instruit sur la vocation du royaume. En fait, l’opération consiste à nous conformer à la spontanéité de la vie en Lui. C’est cela la véritable vie chrétienne.

Enfin, Il est rédemption : il s’agit de la fin de la chair pécheresse qui ne laissera qu’une expression conforme à Christ à la place. Pendant la vie chrétienne, nous nous attachons et nous cherchons la justice et le royaume de Dieu en Christ. C’est l’œuvre intérieure de l’Esprit de Dieu jusqu’à Son règne sur fondement de notre soumission. Et lorsque que le temps viendra, le corps, mourant à cause du péché, deviendra immortel comme l’esprit régénéré.

Avant de parvenir à cette espérance de la gloire, les deux premières phases sont incontournables. Elles ne se résument pas à ce « petit » discours : l’attitude ferme et vaillante des saints est déterminante.

Confessons sans cesse la gloire de Sa grâce présente par laquelle Il nous conduit avec assurance. Endurons le chemin par la parole du témoignage de la foi en Lui. Déjà, l’ennemi de nos âmes manœuvre sans cesse pour nous décourager. Mais Celui qui nous appelle est fidèle : courons vers Lui dans la paix et la joie du salut.